Eau secours!
Written by Catherine // juillet 18, 2010 // Baby Boomer // No comments
Cet été, après un printemps très sec et des alarmes régulières des municipalités sur un manque d’eau flagrant constaté de visu mais aussi au niveau des nappes phréatiques, on assiste à une responsabilisation de certaines mairies. Enfin !
Tout autour de Montréal, à Terrebonne, Repentigny, Laval ou Mirabel, il est interdit d’arroser sa moquette extérieure, de bichonner ces chères voitures plus propres que la plupart de leurs propriétaires ou de laver les entrées bétonnées. Halte au gaspillage !
Nos petits égoïsmes d’occidentaux nantis pourraient-ils faire place à une prise de conscience vis à vis de ce problème crucial pour l’avenir ? j’ai le souvenir d’avoir participé, en 1969, à Paris, à une réunion sur cette prise de conscience, il y a donc plus de quarante ans ! Un bel aréopage de savants et penseurs locaux annonçaient une catastrophe en cas d’aveuglement de notre part. Nous y arrivons tout droit, sans même vouloir se rendre compte que cela est déjà commencé, en Afrique en particulier. Des bandes dessinées, des livres et des films nous ont déjà alertés à ce sujet (rappelez vous “Soleil vert”, film angoissant mais réaliste, à revoir de toute urgence).
Cessons de pleurer quand une journée de juillet est “gâchée” à cause d’une pluie d’orage qui nous empêche de profiter d’une sortie à l’extérieur. Cette pluie est bienvenue et comble, en partie, les déficits constatés des nappes souterraines.
Cherchons sur le web ce qu’il en est de notre préoccupation officielle au sujet de l’eau : colloque sur l’eau ! ah ! bravo, mais, déception, cela date de 2003 ! et ce genre de rencontre, indispensable on en est bien conscient, ne trouve d’écho que dans un cercle restreint d’initiés qui clament leur inquiétude dans des publications illisibles et escamotées1 . Qui se souvient qu’il y a eu une journée de l’eau le 22 mars 2010 ? n’est-ce pas risible d’accorder une journée à ce qui devrait être un souci permanent ? A t-on bien administré les fonds alloués à la campagne vivante des autorités québécoises au sujet de l’eau afin qu’elle soit mieux vulgarisée ?2
Le grand public pourrait être mieux alerté, par des actions concrètes et faciles à mettre en oeuvre. Quid des bacs de récupération d’eau de pluie pour ceux qui ont la chance d’habiter une maison ? Quid des récupérateurs dans les immeubles à logements qui pourraient utiliser cette eau dans les toilettes ? Marteler régulièrement que 30 à 40 % de l’eau potable disparaissent dans ces toilettes pourrait-il provoquer, par l’aberration que cela révèle, une réaction des entrepreneurs qui trouveraient des solutions pour récupérer et distribuer intelligemment une eau devenant de plus en plus précieuse ?
Dès l’école, on peut apprendre aux enfants, cela se fait au gré des inspirations des enseignants, que des pommes de douche à débit réduit ou des toilettes à faible volume d’eau existent depuis longtemps. Que laver son entrée de béton n’est pas indispensable et encore moins passer plus de quelques minutes sous la douche ou laisser couler l’eau lorsqu’on se lave les dents. Nos enfants captent plus vite et mieux que nous les enjeux à venir, ils peuvent donner l’exemple à des adultes que l’individualisme forcené des pays de l’Ouest a éloigné du bien commun.
On me dira que ces petits gestes du quotidien ne valent rien devant le gaspillage indécent des eaux “publiques” dont le réseau archaïque laisse écouler plus de 40% … je crois, au contraire, que chaque geste citoyen compte et que les consommateurs peuvent devenir de plus en plus responsables et conduire ainsi les autorités à plus de vigilance.
Je me souviens d’un débat à la radio, en 2004 à Montréal, au sujet des compteurs d’eau. Quelle passion ! faire payer l’eau à ceux qui se croient possesseurs d’une manne inépuisable ? impensable ! les réactions étaient d’une violence étonnante et le débat a alors été enterré.
Il est urgent (depuis si longtemps !) que la conscience citoyenne se réveille, ne serait-ce qu’au sujet du gaspillage d’un bien commun sur lequel nous devons veiller, au risque de priver nos descendants de toute vie sur terre.



