60 ans et 156 amis
Written by Catherine // août 2, 2010 // Baby Boomer // No comments
Mes filles m’ont convaincue que de nos jours il était indispensable d’échanger sur la toile, qu’il fallait faire partie de ces fameux réseaux sociaux. Il m’a semblé que mon côté bavard allait être comblé par ces échanges, j’ai donc tout fait comme on m’a dit et j’ai ouvert une page Facebook privée et une page “pro” ! Je dois avouer que j’ai renoncé devant les restrictions de twitter…Il y a déjà beaucoup de fautes dans les courriels et les posts de Facebook, je veux bien qu’on vive une époque permissive sur le plan de l’orthographe et que la communication soit prioritaire, mais si, en plus, il faut se restreindre sur le nombre de mots, c’est trop pour moi…
Linkin, viadeo, Plaxo, “ça va faire” comme on dit au Québec, prenons le temps d’apprivoiser un réseau, on verra plus tard.
A peine ai-je commencé à me réjouir des rencontres avec mes “amis” (j’ai parfois eu l’impression d’avoir à nouveau 6 ans : “tu veux être mon ami ?”) que mon aînée a “divorcé” en grande pompe du réseau qui m’avait semblé être le plus proche de moi. Prétexte : on nous vole notre vie privée à des fins publicitaires. Je suis bien d’accord, mais, adepte des courriels depuis très longtemps, je m’étais déjà rendue compte à quel point il est facile de pénétrer dans les méandres de notre ordinateur personnel. Je reçois, comme tout le monde, des publicités pour que mon pénis grossisse, pour gagner des fortunes en donnant mon numéro de compte en banque à une africaine dont le mari, décédé, a mis en sûreté une partie du trésor de Mobutu ou pour jouer gagnante au casino virtuel. J’ai appris à ne pas ouvrir un courriel dont je ne peux pas être certaine de l’origine. J’ai surtout acheté un Mac pour éviter de “bugger” (même moi j’emploie ce mot affreux !) à cause de virus épouvantables dont on nous annonce régulièrement l’arrivée, comme pour la grippe A. Je gagne déjà beaucoup de temps en refusant systématiquement tout ce qui m’est envoyé en anglais, qui pourrait m’écrire dans cette langue, connaissant mes préventions ?
Mais voilà, je suis trop accrochée à mes amis de Facebook pour y renoncer. Je dois dire que j’y trouve des nouvelles de connaissances perdues de vue depuis longtemps mais aussi d’amis (copains, potes ou termes approchants) qui sont trop nombreux pour que j’ai le temps de leur envoyer, à chacun, un courriel, ne parlons pas de lettre, qui sait encore en écrire ? Surtout qu’il faut la mettre dans une enveloppe, aller à la poste, la timbrer… quelle affaire ! Nous nous tenons donc au courant de nos vies et c’est là que je me demande ce que les espions du web pourraient faire de renseignements comme la première dent de ma petite-fille ou les vacances de Suzy à Knokke ?
J’ai annulé tout ce qui était renseignement trop personnel comme on me l’a conseillé et j’ai décidé de continuer à naviguer sur ce réseau pour y retrouver les amis, leurs astuces, leurs joies et leurs peines, les videos drôles ou documentaires. La communication me semble plus importante que les éventuels piratages qui ne manqueront pas d’exister sous une forme ou sous une autre.
Ce qui m’amuse, c’est la passion que soulève cette appartenance à un réseau social ou son refus, les tenants de l’abstention étant persuadés qu’ils sont hors d’atteinte. Et la théorie du complot alors ? si on ne peut plus rigoler !…
Photo credit: http://www.strongmandigital.com.au/



