Le transgénérationnel
Written by Catherine // août 17, 2010 // Baby Boomer // No comments
Sans même savoir que c’est dans le but de “gai-rire” que l’on trouve les pistes les plus prometteuses pour sa propre évolution, j’ai naturellement emprunté celle de la psychogénéalogie, les non-dits et les secrets de famille pullulant dans mon arbre généalogique, comme dans tout arbre d’ailleurs.
Bien entendu, je ne m’en suis rendue compte qu’une fois les formations terminées et un questionnement sur mon cheminement personnel arrivant au jour.
C’était l’aboutissement d’une longue expérimentation de différentes approches thérapeutiques, accompagnée de différents “soi-niant” mais aussi de merveilleux “gai-ri-soeurs”. Je finissais par accéder à une démarche essentiellement curative par laquelle j’allais, paradoxalement, désormais conseiller de débuter un parcours de croissance personnelle, thème abordé dans mon précédent article. Cela m’a amenée à enfourcher mon dada de prédilection, au grand dam de mon entourage qui me sert souvent de cobaye (presque) toujours volontaire.
Pourquoi commencer par bâtir son arbre généalogique et essayer d’y débusquer les fantômes, les exclus, ceux dont on n’a pas fait le deuil ? Ce n’est pas en lisant la Bible, le religion ayant plutôt été absente de mon éducation, que j’ai compris la phrase célèbre extraite de ce texte sacré par les tenants du transgénérationnel : “Les pères ont mangé des raisins verts et les dents des fils en ont été agacées » ( Didier Dumas: “La Bible et ses fantômes” ). C’est en étudiant la psychogénéalogie, mot créé par Anne Ancelin-Schützenberger, que j’ai pris conscience des poids, des fardeaux même, que nous portons par loyauté pour nos ancêtres, poids qui nous empêchent d’avancer dans notre vie, quoique nous ayons entrepris comme thérapie et de quel talent soient pourvus les thérapeutes.
Dans les conférences que je donne à ce sujet, l’illustration de ce que j’avance est facile à imaginer : je demande aux auditeurs de se représenter avec un gros sac à dos très lourd sur l’épaule gauche (ce qu’on porte pour sa lignée maternelle) et un gros sac à dos très lourd aussi sur l’épaule droite (ce qu’on porte pour sa lignée paternelle) : si on peut se visualiser déposant ces deux sacs si lourds et soupirant d’aise de se sentir ainsi allégé, on comprend qu’il sera plus facile d’avancer vers son destin, avec ses propres armes, sans devoir, en plus, porter les lourdeurs familiales.
On dispose de plusieurs outils pour arriver à déposer ces sacs virtuels qui pèsent bien plus lourd que des bagages tangibles. Faire son arbre généalogique est un exercice qui fait partie de ces outils thérapeutiques. Ce n’est évidemment pas en alignant des noms et des dates sur le plus bel arbre qui soit que l’on peut mettre en lumière ce que l’on porte pour nos lignées. L’intérêt de monter un arbre généalogique est d’y trouver des liens intergénérationnels et, pour cela, il faut, en plus des noms et des dates de naissance, de mariage ou de décès, chercher quelles circonstances ont entouré les vies de nos aïeux : professions, maladies, drames, accidents, etc… J’offre, sur mon site, un questionnaire permettant de ne rien oublier au cours de cette recherche. Ceci devrait vous guider vers des témoignages écrits ou des personnes de votre famille qui pourront peut-être répondre à vos questions, et l’on est parfois étonné d’apprendre certaines choses concernant notre famille, sans même aller jusqu’à des secrets scandaleux dont tout humain de notre siècle est friand. Constater, par exemple, que toute notre lignée paternelle compte des médecins et que, brusquement, un descendant “trahit” cette fidélité familiale en s’imposant comme artiste, donne des indications précieuses sur certaines difficultés de ce descendant ou de ses propres enfants.
Pour faire ces liens, il est utile de se faire aider par des professionnels car les interprétations de ces illustrations généalogiques ne sont pas faciles à réaliser soi-même. C’est ce qu’on appelle, en langue des oiseaux, faire son arbre “génial-logique” car rien ne survient qu’on ne puisse ainsi expliquer et l’explication permet alors de comprendre quelle logique nous a amené à telle situation difficile à vivre.
D’autres outils nous viennent aussi en aide, je les exposerai dans les articles à venir.
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