Quand mon fils a eu 9 mois, je me suis de nouveau retrouvée enceinte … Tout un choc ! Je suis alors passée par la même routine que pour la grossesse de Manu : trois tests pour « être certaine » et, à chaque fois, la ligne rose apparaissait dès que je faisais pipi sur le testeur. Je me sentais dèjà « énormement » enceinte. Je ne sais pas si c’est un sentiment normal pour toutes celles qui vivent des grossesses multiples. Eh oui! Il y avait 2 bébés.
J’étais heureuse, même si j’ai été prise de panique. Une panique partagée par mon mari: notre premier-né commençait à peine à marcher ! Mais c’était notre réalité et nous avons rationalisé le tout en nous disant que voulions d’autres enfants de toute façon. L’image de 3 enfants sautant sur nous le matin, comme un paquet de chiots, était encore quelque chose que nous attendions avec impatience.
Quelques jours passèrent, le temps aidant à nous accoutumer à cette idée, à s’installer dans l’état d’esprit de se savoir enceinte et contacter des gens comme doula, gynécologue, etc… Mais assez vite j’ai découvert des taches de sang. Parce qu’être enceinte de Manu avait été si facile et si magique, je n’avais aucun doute sur le fait que tout irait trés bien. Je n’ai jamais pensé, même pas pendant une seconde, que quelque chose pourrait mal tourner.
Mais ça a mal tourné. Remarquant que je perdais un peu de sang, j’ai commencé à avoir peur. Ce soir-là, j’ai envoyé Mike chercher d’autres tests de grossesse. Ils se retrouvèrent tous négatifs.
Le lendemain matin, le sang a dépassé le stade des « taches » et j’ai commencé à avoir mal. Manu n’était pas encore à la garderie. Ainsi, Mike a dû rester à la maison avec lui tandis que ma soeur m’a emmenée à la clinique la plus proche où nous avons attendu « seulement » deux heures pour s’entendre dire qu’il fallait se rendre aux Urgences.
Rendue là, je souffrais beaucoup. Quelques heures plus tard, j’ai été « triée » par une infirmière des Urgences d’un hôpital et j’ai commencé la longue attente dans une salle remplie à ras bord de malades, se désolant, pleurant, saignant… De terribles douleurs abdominales me déchiraient les entrailles et le sentiment profond que je venais de perdre mes bébés me brisait le coeur.
Tout le temps de cette attente, c’était comme si une force invisible emportait mes bébés loin de moi. La sensation d’être submergée par une vague exterminatrice a commencé à m’envahir. Un mélange de culpabilité et de profonde tristesse, associée à des nausées et de la douleur. C’étaient des cellules minuscules, peut-être ou peut-être pas habitées par des âmes, mais c’étaient les miennes. Je les avais créées, mais j’avais échoué d’une certaine manière. Je n’avais pas réussi mes enfants. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser de cette façon.
Après que l’infirmière m’ait examinée, le médecin de garde, se comportant d’une manière odieuse, a ignoré ma détresse et a passé quelques minutes à « me nettoyer », mettant mes bébés à l’écart, tandis que je pouvais à peine respirer, étouffant dans mes larmes.
Je voulais crier, mais comme dans un mauvais rêve, rien ne venait. Mon ventre me faisait mal, tout mon corps me faisait mal, et surtout, ma tête me faisait mal. En une seule journée, un couple des plus belles créations que j’aurais pu jamais faire m’a été arraché. Comme si mon disque dur avait été écrasé, j’avais perdu toutes mes données et j’étais en larmes. Mon monde avait une odeur de poubelle, je ne pouvais voir qu’en noir et blanc et j’avais l’impression de sentir des choses pointues.
Il y a quelque chose d’impossible à mettre en mots la perte d’un bébé. Et comme j’en avais perdu deux, il a fallu du temps avant que cela cesse de me dévaster. Les pensées les plus irrationnelles me venaient à l’esprit : en rentrant de l’hôpital je me demandais « Sont-ils un de ces caillots de sang qui tombent dans les toilettes? » . Allais-je tirer la chasse sur mes bébés ? ça m’a empêché d’aller régulièrement aux toilettes pendant des jours. C’est ce qui est primitif en soi qui émerge, j’imagine.
Comme c’était vraiment difficile pour moi, j’ai cherché de l’aide. Je suis allée chez mon psy qui a utilisé l’hypnothérapie pour m’aider à faire mon deuil et tourner la page sans oublier les bébés. Juste pour que je puisse vivre ma vie telle qu’elle était avant. Après tout, je devais remonter la pente et être heureuse pour mon enfant vivant ! L’hypnothérapie a été un cadeau du Ciel pour moi. Une seule sèance a été nécessaire. Cela a accéléré le processus de deuil, et j’ai été en mesure de clore ce chapitre de ma vie.
Je suppose que cela a été « facile » pour moi car cette fausse couche s’était produite au cours du premier trimestre de grossesse. Je connais d’autres femmes qui ont perdu leurs bébés plus tard, même à la naissance. Il y a des histoires beaucoup plus horribles ! Mais la douleur archaïque de perdre un bébé est une chose dont une femme ne devrait jamais faire l’expérience! Jamais!
Quand on me demande si je veux un troisième enfant, je dis non. Après avoir perdu ces jumeaux, j’ai perdu un autre bébé au cours d’une autre fausse couche : autre coup du sort, j’ai perdu la jumelle de ma fille lors de ma dernière grossesse (mon autre jumelle est bien vivante et en bonne santé maintenant).
J’ai inventé quelques rituels pour dire au revoir à cette jumelle perdue. Nous avons choisi des ballons pour chaque membre de notre petite famille, y compris Zoé (oui, nous l’avons nommée pour nous aider à faire face), et nous avons laissé aller son petit ballon dans le ciel tandis que nous lui disions au revoir.
Nous avons aussi une figurine que nous avons choisi pour la représenter. Nous la gardons près du lit de notre fille, ainsi sa soeur veille sur elle.
Encore aujourd’hui, quand je vois des jumeaux, je ressens un pincement. Je continue à penser aux premiers. Je continue à me demander comment ils auraient grandi. Je regarde ma fille, et de temps en temps, je me demande si Zoé aurait eu la même personnalité, ou tout le contraire. Comment elles se seraient ressemblé, etc … Mais je renvoie ces pensées et j’oublie. Rapidement.
Tout cela pour dire que je ne rêverais pas de simplement tout oublier complètement. Même si la tristesse est toujours présente, et la douleur vivante, tout est sous contrôle et sans incidence sur ma vie. Je n’aurais pas été capable de faire ce chemin de deuil seule et je suppose que beaucoup de femmes qui passent par cette épreuve cherchent aussi une voie pour sortir du trou noir. Nous ne pouvons pas tout faire nous-mêmes. Demander de l’aide est parfois tout à fait nécessaire. Même si la famille et les amis sont vraiment là pour vous, rien ne peut remplacer cet étranger, neutre, professionnel, qui a les outils pour vous aider à respirer à nouveau.
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I am so sorry for your loss and all that you have gone though. you are right, the pain is unimaginable and unexplainable. I have been through 10 – each one devastating.
Thank you so much for sharing. the more we all talk about our experiences, as painful as they are, the less other women will feel alone.
I am so sorry ? ((Many HUGS))
Hi Devan,
Thank you for your comment, you are very kind! It is humbling to hear from you, I already had such a hard time with losing 4, I can’t imagine 10!!!!
I had been to your blog several times before (we’re all gluten intolerant here!) and have been reading your section on baby loss….. It’s funny, I thought about planting something too (for my daughter’s twin), but I didn’t have the courage, just in case it wouldn’t survive.
Thanks for coming by and leaving such kind words!