L’été amène pire que les bibittes
Written by Catherine // juin 29, 2011 // Baby Boomer // No comments
C’est reparti ! il fait à peine plus doux, tout le monde s’excite dans tous les sens, les camions dépassent les voitures sur des autoroutes de plus en plus encombrées, les voitures foncent sur les vélos qui, eux-mêmes, bousculent les piétons (en particulier les mamans avec leurs poussettes qui se heurtent aux trottoirs cabossés et aux nids de poules)…
Le plus gros écrase le plus petit : faut-il y voir une métaphore de la société québécoise qui s’est toujours considérée comme le David francophone d’un Goliath anglophone arrogant ? Rappelons alors que David a vaincu Goliath et qu’il serait possible, en rallumant l’esprit civique perdu, de retrouver un art de vivre espéré par tous.
J’ai signé, un jour d’égarement, une rubrique du nom de « vieille gaga » et je sais bien que certains vont lever les yeux au ciel en m’entendant à nouveau revendiquer l’instauration d’un esprit civique et solidaire dont nombre de citoyens n’ont même pas conscience. Je ne m’y serais pas risquée à nouveau si je n’avais eu de nombreux échanges avec de jeunes mamans inquiètes de l’agressivité rampante qu’elles constatent chaque jour dans les rues et les parcs de leurs villes.
Parlons des parcs : un bébé s’est fait renverser par un cycliste devant moi au Parc La Fontaine, et bien c’est le cycliste qui a insulté la maman affolée car « le parc est à tout le monde ». Il y a une bonne quantité de pistes cyclables autour de ce parc, mais marcher à côté de son vélo sur les voies piétonnières (comme la loi le prescrit !) ne convient pas aux cyclistes qui s’accordent la priorité sur les petits qu’on n’a qu’à enfermer dans leurs aires de jeux. Un grand parc à chiens est offert dans ce parc, plus grand même que l’endroit consacré aux bébés, mais cela n’est pas suffisant et, encore une fois au nom de cette fameuse sacro-sainte idée de « liberté », les chiens gambadent sans laisse pour la plupart, fonçant joyeusement sur les enfants dont la liberté semble bien mise à mal. Ces deux exemples, qui ne sont qu’une goutte d’eau dans la mer de récriminations des mamans (et grands-mamans !), montrent bien tout le fossé qui existe entre les aspirations des uns et des autres.
Une dame « âgée » me faisait la remarque qu’il n’y a plus de cours de morale à l’école, que l’instruction civique, comme l’Histoire, ne fait plus partie de l’enseignement. C’est bien sûr que cela serait utile et que l’école a un rôle à jouer dans l’éducation citoyenne et l’apprentissage du respect envers autrui, mais quid du rôle des parents ?
Le regard que porte le petit enfant sur ses parents est fondamental, ces parents sont son ultime référence. Comment en vouloir à un enfant qui brutalise son voisin quand on sait que le père, par exemple, fonce, en voiture ou à vélo, sur des piétons hésitants en leur criant des gros mots ? Comment faire ranger son pupitre à un élève quand sa mère jette son emballage de sandwich au beau milieu de la rue, par la fenêtre de son véhicule ? Comment faire respecter un minimum d’organisation de société à des bambins qui voient leurs parents cyclistes prendre les rues en sens interdit ou rouler allègrement sur les trottoirs ?
Il a fallu faire des lois pour que la collectivité puisse en arriver au bien vivre ensemble, encore faudrait-il que nous apprenions à nos enfants à les respecter : en traversant les rues lorsque le signal est donné, en redonnant au plus faible sa place légitime : les bébés ayant préséance sur les piétons qui eux-mêmes se verraient céder la place par les cyclistes reconnaissant de la politesse des conducteurs pour qui les camionneurs auraient les égards naturels du protecteur conscient de ses devoirs envers le plus fragile.
Ce serait donc une question de place : comme dans sa famille, le citoyen devrait avoir sa place équitable au sein de sa société. A partir de ce constat, le maître mot de l’éducation de l’enfant, à partir de la cellule familiale, devrait être : respect. Commencer à se respecter puis à apprendre aux siens à se respecter et à respecter autrui, cela semble bien difficile aujourd’hui et pourtant que de légèreté cela pourrait amener à notre environnement de plus en plus belliqueux et individualiste.
Des réactions à cette envie de vivre paisiblement dans une communauté plus tolérante ?



